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Les
abeilles victimes du syndrome d’effondrement des colonies ![]() Depuis ces dernières années, les populations mondiales
d’abeilles domestiques (Apis mellifera) sont en déclin. Ces
importants épisodes de disparition, encore mal expliqués, ont été baptisés « syndrome d’effondrement des colonies ». La mortalité hivernale a
connu un pic important au cours des deux dernières années, touchant 30 à 50 %
des colonies aux Etats-Unis, contre 5 à 10% en situation normale. Une crise
également vécue par les apiculteurs français, même si le pourcentage de colonies
touchées est redescendue à 8-10% l’hiver dernier, selon le CNDA (Centre national
du développement apicole).
Plus de 80% des espèces végétales mondiales et les trois quart
des plantes cultivées par l’homme dépendent des insectes pollinisateurs. Ces
derniers, principalement des abeilles et des bourdons (Hyménoptères Apoïdes),
transportent le pollen produit par les étamines jusqu’aux stigmates des fleurs,
assurant ainsi la reproduction sexuée des plantes entomophiles. En échange de ce
service, l’insecte y gagne du nectar, du pollen - ou se fait parfois leurrer par
la plante ! En tout, il existe plus de 20.000 espèces d’abeilles dans le monde,
dont 1000 espèces présentes en France.
Ce syndrome d’effondrement des colonies, qui touche aussi bien
les espèces domestiques ou sauvages [1], pose de sérieuses questions quant à son impact sur
l’agriculture. En effet, si les 25% de cultures ne dépendant pas de la
pollinisation entomophile concernent les céréales, la plupart des cultures
maraîchères concernées fournissent 35% de la production mondiale de
nourriture [2].
Parmi les causes supposées de déclin des abeilles, différentes
hypothèses ont été avancées. Certaines paraissent plus plausibles que d’autres.
Voici la liste des principaux facteurs avancés et leur discussion :
Il semblerait que ce déclin soit multifactoriel. Le Varroa destructor, mis en avant, mais également les pesticides ou
l’alimentation affaibliraient l’insecte, la rendant plus sensible à des maladies
opportunistes ou à d’autres facteurs.
En 1996, la FAO lançait un cri d’alarme en faveur de la
sauvegarde de ce précieux auxiliaire. L’Europe y répondait en 2004, avec le
programme Alarm (Assessing Large-scale environmental risks for biodiversity with
tested methods) mis en place pour 5 ans. A l’arrivée, espérons-le, des
éléments de réponse émergeront afin de lutter contre ce déclin.
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