Nature . Une variante du virus IAPV « pourrait être la cause
potentielle » des phénomènes d’effondrement des colonies, selon des
chercheurs.
Les recherches sur la ou les causes des phénomènes d’effondrement de
colonies d’abeilles, qui touchent de nombreux pays à travers le monde, ont fait
un nouveau pas, jeudi dernier, lors de la communication des premiers résultats
d’une étude menée par Ian Lipkin, directeur du Centre pour l’infection et
l’immunologie de l’Université Columbia (New York). Ces effondrements de
colonies, qui ont affecté, selon les estimations des chercheurs, 23 % des
apiculteurs avec des pertes moyennes de près de 45 % de leur cheptel lors de
l’hiver 2006-2007, inquiètent les apiculteurs, les producteurs de fruits et
légumes ainsi que les pouvoirs publics américains. Les abeilles domestiques
assurent en effet la pollinisation de plus de 90 variétés de fruits et légumes
dont les récoltes représentent une valeur de 15 milliards de dollars par an rien
qu’aux États-Unis.
Selon les chercheurs, qui ont travaillé à partir de séquençages génétiques
de micro-organismes peuplant les intestins d’abeilles prélevées dans l’ensemble
des États-Unis, les disparitions massives d’abeilles d’élevage seraient liées à
une variante du virus IAPV (Israeli Acute Paralysis Virus). Identifié en 2004
par Ilan Sela de l’université de Jérusalem, l’IAPV est en effet le seul virus
présent dans quasi tous les échantillons provenant des ruches affectées analysés
par les chercheurs américains.
« Notre prochaine étape est de déterminer si ce virus est la seule cause de
ce phénomène de dépopulation massive des ruches », ou s’il agit parmi d’autres
facteurs tels des microbes, des toxines, des insecticides ou une nutrition
appauvrie par la sécheresse, a expliqué Ian Lipkin. Les scientifiques ont aussi
qualifié de « très peu probables » plusieurs hypothèses avancées ces derniers
mois pour tenter d’expliquer la mystérieuse disparition de milliards d’abeilles,
en particulier celle qui évoquait une désorientation de ces insectes
hyménoptères par les radiations émises par les téléphones cellulaires. En
revanche, a souligné Diana Cox-Foster, entomologiste à l’Université de
Pennsylvanie et principale auteure de l’étude, « certains insecticides chimiques
paraissent affaiblir les abeilles, les rendant plus vulnérables à des
virus ».
Cyrille Poy