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« la voix de la Résistance ».
Gérard CONDORCET
le dimanche 4 novembre 2007
TEL 06 76 99 84 65
Génuflexion ministérielle.
Contrastant avec le fond réactionnaire de son parti de
l’argent roi, Madame Nathalie KOSCIUSKO MORIZET, secrétaire d’Etat à l’écologie
bénéficiait de l’estime des femmes et hommes de mieux soucieux d’instaurer avec
les animaux et la Nature un autre lien que celui de la destruction brutale et de
l’exploitation éhontée.
Elle avait su parler d’écologie avec une sensibilité et
une intelligence qui ne sont guère les caractéristiques des
politiciens non écologistes .
Et puis, advient le faux pas, le manquement contre
l’esprit et le cœur.
Dans un article publié par une revue de chasseurs, Madame
la secrétaire d’Etat s’incline devant sa majesté cynégétique comme le firent
tant de politiciens sans courage qui cèdent à une mauvaise démagogie pour
complaire à ces 2% de contemporains pour lesquels la mort est un loisir.
Elle salue, très rapidement, il est vrai, les qualités de
« gestionnaires de la faune » des tireurs de faisans d’élevage et de lièvres
importés, des massacreurs de prédateurs régulateurs écologiques,
préfèrant s’apesantir sur l’aspect sociologique de la chasse qui mêle
l’ouvrier et le médecin, le prolétaire et le bourgeois.
Fraternité du crime contre Nature louée par ces politiques
qui n’osent pas, lorsqu’ils le pensent, dire que les changements matériels et
moraux du monde contemporain excluent ce loisir débile et cruel consistant à
transformer en charogne les oiseaux migrateurs et les derniers blaireaux, par le
fusil, le poignard, le piège et autres variantes prouvant le degré
d’arriération de ces tueurs agréés.
Quelle soit l’œuvre d’idiots de villages incultes et
avinés, ou celle de dégénérés de fin de race nostalgiques du
temps où leurs chevaux les conduisaient du château à la chapelle et de la
chapelle aux bois pour y « servir » le cerf, quelle soit prolétarienne ou
féodale, la chasse sent le sang et la mort.
Du demeuré de Provence qui crible de plombs la grive, au
forcené de la baie de Somme qui massacre le canard, du hobereau qui poursuit à
courre les bêtes de ses domaines, au fusillot d’Aquitaine qui dresse un barrage
de feu devant les oiseaux pyrénéens, la chasse fait honte à notre temps.
Alors que penser de ces politiques qui imaginent flatter
les citoyens en s’agenouillant devant ce groupe de pressions anachronique ?
Un simple haussement d’épaules et l’envie de passer à
autre chose.
Bien évidemment, nous comprenons qu’un pêcheur de voix
répugne à exprimer sa pensée lorsqu’elle risque de lui coûter quelques inimitiés
au fond d’un rural de plus en plus profond.
Nous savons que minoritaires, voire marginaux dans la
société contemporaine, les chasseurs s’organisent en structures corporatistes
fortes, mobilisées, politisées, alors que les protecteurs s’éparpillent en une
poussière d’associations trop souvent divisées et pour certaines
pusillanimes.
Les ennemis de la terre forment un lobby.
Les biocentristes seront la force de demain.
Nonobstant cette situation institutionnelle, on aimerait
inciter les politiques à un peu plus de dignité et de sens des
responsabilités.
Puisque chacun admet désormais l’impérieux devoir de
sauver la biodiversité, ne conviendrait-il pas de commencer par s’abstenir de la
détruire intentionnellement ?
Face à cette vérité, le clairon de la propagande
cynégétique sonnerait pour couvrir cette évidence et annoncerait
que ni le canard colvert, ni le chevreuil ne sont des espèces en voie de
disparition.
Les propagandistes de la chasse mentent en refusant de
reconnaître que leur loisir aboutit à artificialiser totalement la faune, à la
transformer en cheptel élevé en milieu ouvert, à faire disparaître les espèces
régulatrices, donc prédatrices et à alimenter le stand de tirs par des lâchers
massifs.
Protéger la faune signifie permettre le retour du loup,
lynx et ours dans les zones adaptées au retour de ces régulateurs et de sauver
partout la présence des renards et mustélidés, également régulateurs des
équilibres écologiques.
Mesdames, messieurs les politiques, un petit effort en
faveur d’une rupture salutaire :
Expliquez que la chasse doit être abolie.
Seule à ce jour, madame Dominique VOYNET a eu le courage
de refuser d’effectuer la danse du ventre devant les dirigeants de
la chasse française, réunis en février dernier, pour recueillir, avant les
élections, les respectueux hommages et la soumission de tous les candidats.
Moralité de tous les temps :
le courage apportera toujours
davantage le sentiment du devoir accompli et la paix avec sa
conscience, que la reconnaissance des foules.
Nous l’avons appris, nous aussi, depuis suffisamment
longtemps pour bénéficier d’une sage indifférence aux clameurs et aux
ingratitudes.
Gérard CONDORCET
CONVENTION VIE ET NATURE POUR UNE ECOLOGIE
RADICALE.