Un séjour avec les loups toujours aussi beau!!!
Subject: Un séjour avec les loups toujours
aussi beau!!!
24 février
Bon j'ai pensé vous remettre a
nouveau cette partie de mon journal intime pour le faire partager a ceux qui ne
l'ont pas encore lu. Bonne lecture!
Un séjour avec les
loups
Samedi le 24 juillet dans la nuit et dimanche le 25
juillet
Avant hier ma conjointe et moi, sommes allés appeler les loups au
sommet d'une montagne et avons eu réponse, ce qui nous a permis de localiser
d'où provenaient les sons de façon approximative à 3 km à ma droite en
montagne.
Donc le lendemain matin je décide d'aller en forêt et de
m'enfoncer vers la direction que j'avais localisée la veille. Je m'assure qu'il
est possible de me diriger vers l'endroit approximativement désiré pendant toute
la matinée et une fois satisfait je retourne chercher ma conjointe.
En
après midi nous explorons les lieux et découvrons énormément de crottins de
loups dans les parages donc cela semble confirmer mon hypothèse de la veille que
je suis au bon endroit.
Après de nombreuses heures à ne faire aucun
bruit, ma conjointe ayant pris une direction opposée à la mienne, je tombe sur
une tanière. Sur des adultes s’enfuyant et de petits louveteaux demeurant sur
place en panique. Je partage avec vous tous mes pleures de joie sur cet instant
pris sur ma caméra numérique (ce n’est nullement fait pour ça ce genre de
caméra) grrr j'aurais dû prendre ma vraie caméra, le temps action-réponse est
beaucoup trop lent pour ce genre de photos à prendre, seulement 3 sur 9 photos
sont présentables.
Ma conjointe m’a rejoint et a aussi profité de cet
instant magique, cependant nous n'avons pas osé demeurer trop longtemps sur
place, la meute rôdant autour de nous, le grand hurlement d‘un loup adulte à
l'orée de la forêt nous fait deviner le désarroi et l’anxiété que nous leur
imposons. Par conséquent, nous avons cru bon de quitter les lieux après
satisfaction d'un moment privilégié avec la nature
sauvage. Je
retourne en matinée vers 7hrs seul en forêt. Je m’enfonce lentement et sans
bruit de pas vers la tanière que j’avais localisée, plus rien, plus de loups,
plus de louveteaux, et aucun bruit en forêt pouvant me faire croire qu’ils sont
toujours dans les parages.
Cependant, je remarque qu’au pied de la
tanière certains débris de bois sont déplacés comparativement à dimanche donc je
conclus qu’ils sont toujours dans le même secteur. Probablement la peur de
dimanche matin a fait qu’ils ne viennent dormir qu’ici la nuit. Je passe la
journée dans les parages à attendre et à repérer certains endroits possibles où
pourrait se situer la meute.
Le soir venu, avant la nuit tombante, je me
résigne à la défaite qu’ils ont quitté les lieux. Je suis un peu triste et me
retrouve dans un sentier du côté opposé à environ 75 mètres. Je fais quelques
hurlements pour leur dire au revoir au cas où ils seraient dans les environs.
Rien, aucune réponse, une minute passe, deux minutes passent, je décide de
rejoindre mon camion, et n’ayant fait qu’environ 5 mètres, les voilà qui à ma
grande joie hurlent à l’unisson. Quel merveilleux chant et quel beau cadeau ils
me font. Pas croyable ! Les hurlements proviennent, selon mon estimation, qu’à
environ 15 mètres dans le bois dans lequel j’ai passé une partie de la journée à
ne point bouger et faire de bruit. Je suis heureux mais fatigué, je retourne à
la maison.
Jeudi 29 juillet Je
suis de retour sur les lieux. Il est environ 7hrs du matin. Je fais la même
routine que la dernière fois mais ne perd pas trop de temps à me diriger au même
emplacement que mardi en fin de journée. Je me dis qu’ils m’ont répondu une fois
alors pourquoi pas ce matin. Ainsi j’ose espérer que mon rêve sera réalisé car
pour moi être en communication directe avec les loups, est une bénédiction que
la nature sauvage m’accorde.
Après quelques pas dans mon sentier
préféré, j’entends une bête dévorer une proie. Je reconnais ce bruit. Oui il
s’agit sûrement d’un loup qui, par ses grognements, dicte aux autres
l’appartenance et le privilège de son rang à pouvoir dévorer cette proie le
premier. Par respect pour leur petit déjeuner, j’écoute cette valse de
dégustation sans faire de bruit jusqu'à la fin.
Après 1 heure d’attente
environ, je fais un long hurlement, ensuite deux petits hurlements courts, et
j’attends une réponse sans faire de bruit ni bougé. OHHHHH lalalalala, pas
possible ah non je rêve, que va t’il m’arriver ?
J’entends des pas de
course dans la forêt. Cela semble être tout un régiment qui vient vers moi à
course folle. Que faire, courir ? Oh non surtout pas, ne me reste qu’à attendre,
tout cela ce passe tellement rapidement, j’ai ma caméra elle est prête ? Oui ?
Non ? Oui ? . Non, ne pas bouger, ne pas faire de bruit, ils arrivent tous,
combien sont-ils ? Où vont-ils apparaître ? Peut-être vont-ils détester cela, ne
pas apprécier cette supercherie que je viens de leur imposer ? Je ne suis qu’à
un seul pas du boisé. Les voilà, ils bondissent devant moi, 1-3-5-6 louveteaux
de 30 à 50 livres. Ils arrêtent, surpris par ce qu’ils découvrent, et moi
soulagé un bref moment que ce ne soit pas papa ni maman loup. Je me dis, il
faut, il faut que je prenne des photos, il le faut !
Mais je n’ose
baisser les yeux sur ma caméra, je la tâtonne, car l’idée m’est venue de mettre
mon moteur de photos rapides, ah merde ! J’ai fait une erreur, et pressé le
mauvais bouton et dégagé la pellicule pas croyable, je me sens idiot. J’essaie
quand même, suis la pour ça, allons photos ! Clic Clic Clic. Pendant ce temps
les loups quittent le sentier et continuent leur course, me contournent,
ressortent derrière moi à petit pas et tranquillement s’éloignent…
Je
suis un homme comblé et heureux. La nature m'a fait un beau cadeau ce matin. Ne
tardons plus ici, et sache Crocblanc accepter ce court lapse de temps passé avec
les loups ! Tu es choyé par la nature. Merci.
PS : Effectivement mes
photos ne sont pas trop bonnes, problème de pellicule et d’un homme un peu
nerveux sur l’instant, donc les images sont floues.
Vendredi 30 juillet.
Je ne peux accepter la
défaite de mes photos ratées ! J’ai acheté un nouveau film et suis à nouveau de
retour dans les bois au même endroit ayant, bien entendu, au préalable fait ma
petite tournée vers la tanière toujours vide mais toujours avec les débris
déplacés à chaque matin de veille. J’ai un 36 poses et là pas question de rater
mes photos.
Pour remercier les loups de leur bonté d’accepter ma
présence, je leur rends avant tout un petit service, j’enlève les crottins de
loups qui traînent dans les sentiers. Je ne veux pas que les braconniers ou
pseudo connaisseurs du loup qui le prennent par ignorance pour un tueur d’homme
ou pour un pigeon d’argile, viennent se pratiquer sur ces merveilleuses bêtes
qui me dictent la façon dont l’homme devrait se comporter avec la nature. Les
loups me donnent une bonne leçon de vie.
La nature, nous la partageons
; elle ne nous appartient pas. Quel bonheur ils me donnent de la partager avec
eux !
Ce matin je me sens loup. Je décide de ne pas rester debout
devant eux car cela semble leur donner l’impression que je suis un danger
dominant. Je m’accroupis donc pour être de même hauteur qu’eux et aussi pour une
meilleure tenue de l’objectif de ma caméra. Cette fois-ci le moteur est bon ! Je
suis prêt. Je leur fais mon plus joli hurlement que je connaisse. Du premier
coup, yessss, ils arrivent. Je l’entends cette meute accourir. Pourquoi
courent-ils ainsi à mon hurlement ? Sans doute qu’ils attendent leurs parents
qui sont partis à la chasse, six louveteaux ça bouffe. Ils sortent devant moi et
cette fois-ci pas à dix pas, mais à moins de deux mètres. Ils semblent hébétés
de s’être encore une fois fait jouer un vilain tour, mais semblent bon perdant.
Je prends photos 1-2-3-4-5-6-7. Stop! ils avancent vers moi ils sont maintenant
trop prêts pour que je puisse prendre des photos et je dois être attentif à mes
gestes pour ne pas qu’ils les interprètent comme une
provocation.
J’étudie le comportement du loup depuis fort longtemps et
fais parti de quelques forum de discussion sur le loup depuis quelques années.
J’ai aussi étudié le comportement canin à l’Université vétérinaire de
St-Hyacinthe, cours non complété, mais enfin toujours mieux que rien. Je suis en
amour avec cet animal depuis de nombreuses années il me fascine.
Donc
les voilà qui me sentent sniff sniff sniff. Veulent-il une oreille ? Non ! Ils
m’entourent et un qui semble être le grand frère me fait quelques mouff ! mouff
! Genre d’aboiement étouffé car le loup, contrairement au chien et au coyote,
n’aboie pas. Il semble un peu frustré de la situation et décide cette fois-ci de
passer directement à côté de moi en me frôlant, peut-être sa façon de vouloir me
dire : "Toi-là tu cesses d’accord ? "
Ils s’éloignent lentement en
descendant une pente. Encore à quelque pas de moi ils s’assoient et décident de
m’entonner en cœur un hymne à la joie. Ils hurlent ! Je suis heureux, je les
écoute quelques minutes. Le concert est terminé, ils s’éloignent dans la forêt
et je quitte, comblé encore une fois de cet instant magique.
J’ai mes
photos..
Voilà une semaine d’absence déjà mais je suis de retour ce matin.
J’enlève en tout premier lieu les crottins de loups, je suis à nouveau devant la
tanière. Rien comme toujours mais l’on voit bien que la terre au pied de
celle-ci est fraîchement retournée. Je me dirige avec nervosité vers le sentier
opposé. Il est devenu le sentier de mes rêves, mes passions, mon sentier
préféré.
Ma conjointe m'a fait promettre de ne plus appeler les
louveteaux de peur qu’ils se socialisent à l’être humain, ce qui leur sera
sûrement fatal un jour ou l’autre. Elle a raison je le sais, je dois mettre mon
orgueil de coté pour leur survie.
Jamais en Amérique du Nord, une attaque
de loups contre l’homme a été officiellement inscrite aux registres du ministère
de la faune. Certains vous affirmeront le contraire mais ne savent
habituellement pas faire la différence entre un loup et un coyote. L’homme
s’acharne par ignorance à tuer cet animal qui lui rend le service de chasser les
animaux faibles et malades.
Donc ce matin je ne hurlerai pas, je vais
attendre patiemment qu’ils passent dans les parages. Je m’enfonce à pas feutrés
comme toujours dans le bois, je vais m’installer à mon endroit préféré me
dis-je. Je n’ai fait que quelques mètres, au loin à ma droite, à travers les
branches de la forêt un tronc d’arbre d’une couleur non familière attire mon
attention. Hummmm ! Un tronc d’arbre a t’il deux mignons petits yeux ? Je suis
debout, il est debout, nous nous examinons mutuellement, il descend son regard
plus bas d’une branche pour mieux me voir, je fais de même je l’imite. Il recule
d’un pas, je recule d’un pas, il remonte la tête je fais de même, il semble être
seul, il avance vers moi, je décide de m’accroupir.
Il est maintenant
devant moi à cinq pas, il prend une brindille dans sa gueule, la déchiquette,
sans doute veut-il m’avertir comment il est féroce, je ris en silence, il
recule, avance à nouveau, et cette fois-ci prend une branche beaucoup plus
grosse qu’il me semble impossible pour lui de transporter. Il est évident qu’il
me montre comment il est fort. Il s’enfarge, perd pieds, et fait deux tours sur
lui-même, surtout ne pas rire, il pourrait mal le prendre.
Notre
rencontre entre lui et moi a duré une heure environ. J’ai cru bon de quitter les
lieux, je le socialise, danger pour sa survie contre l’homme. La seule
possibilité de la survie du loup est sa peur de l’homme. Les loups sont des
créatures naturellement timides et curieuses qui suivent souvent silencieusement
la piste des êtres humains, non pas pour leur faire du mal mais parce qu'ils
veulent simplement savoir à qui appartient cette odeur et ce que l'étranger fait
sur leur territoire.
Pour une possible survie contre l’homme, je lui fais
peur. Il est évident qu’il ne comprend pas le pourquoi de la chose et insiste en
me suivant dans le sentier pour jouer avec moi. Je suis plus dur avec lui, sans
lui faire de mal bien sûr. Je cours à pas qui cognent le sol pour lui démontrer
le danger. Il finit par quitter les lieux. J’entends la meute l’interpeller,
good il n’est pas seul. J’avais le sentiment d’être surveillé, je ne m’étais pas
trompé.
Mes photos ne sont pas très bonnes, ça bouge des louveteaux
!
Ce matin est mon anniversaire de naissance, je veux me faire un
cadeau. Je me lève tôt comme toujours, je vais voir mes loups. Je sais, je sais,
je suis égoïste, mais c’est ma fête non ? Je roule en 4x4 vers mon petit rêve,
vers mon lieu de pèlerinage, vers mon moi intérieur, je me retrouve en eux.
Avant même d’arriver sur les lieux à environ 1 demi-kilomètre, se trouve une
plaine. Ils sont là. Ils s’enfuient en montant la colline pour atteindre le
sommet. Je stationne mon véhicule.
J’attends un peu. Le sol ici est
sablonneux. Des traces de loups il y en a en quantité industrielle, des crottins
aussi, cette fois-ci compactés et plein de résidus de bleuets. C’est la saison
de la récolte et la région fournie ce fruit dont se délectent aussi les ours
noirs. Je conclus que les loups sont végétariens à leurs heures. J’atteins
tranquillement à pied le sommet de la plaine
Onze jours que je ne suis
venu. Ils sont là, cachés, éparpillés sur cette plaine derrière de petits
arbustes et herbes qui ne les dissimulent qu’à demi. Ils ont bien changé, perdu
leur fourrure de louveteau. Leur nouvelle fourrure me fait penser à la tête d’un
adolescent avec ses cheveux épineux.
Le plus près se trouve à environ 100
mètres.
Il est couché dans l’herbe, faisant semblant d’ignorer ma présence,
regardant vers d’autres directions. J’avance lentement sur cette plaine à
découvert. Il me regarde, j’arrête, il détourne le regard, j’avance. Après
quelques minutes je détourne les yeux pour scruter l’horizon. Où sont les autres
? Je m’imagine seul avec les loups. Surprise au loin (200 mètres) un grand
orignal mature, avec son majestueux panache, m’examine aussi du regard. Il
quitte calmement les lieux et s’enfonce dans la forêt.
Je suis à 10
mètres du louveteau. Il se lève, sa curiosité l’emporte. Il s’approche, je
m’accroupis, je prends quelques photos. Il est maintenant à portée, je lui tends
la main. Avec nervosité et plusieurs hésitations, il frôle et mouille le bout
des mes doigts avec son nez humide pour me sentir, recule brusquement de deux
mètres et grogne. Je retire ma main, lui tends la seconde. Il avance à nouveau,
la sent, grogne et quitte à la course. Il s’éloigne et va rejoindre la meute qui
me surveille au loin, environ 100 mètres. Je suis heureux car il a senti le
danger de l’homme.
Je fais ma tournée en véhicule, m’arrête pour enlever
les crottins du chemin forestier et je quitte les lieux. Je vais chez un
spécialiste en photos pour lui commander un doubleur 2X-7éléments automatique
pour mon zoom de 100-300mm. C’est ma fête après tout…
Je ne
retournerai là bas que pour enlever les crottins, contre le pistage. En espérant
que mon expérience avec les loups, passée, présente et future, apportera par mes
écris une meilleure compréhension de cet animal qui ne demande qu’à vivre
librement dans son royaume la forêt.
PS : Il est évident que, comme
toute autre bête, le loup si atteint de la rage comporte un danger de même que
si sociabilisé à l’être humain.
Certains attendent une vie durant
afin d’apercevoir, ne serait-ce que d’un bref coup d’œil, ce Seigneur de nos
forêts, le loup. À moi, il est venu dans toute sa beauté et son mystère qui font
de lui, ce magnifique fantôme de la nature.
Pour un bref moment, il m’a
permis de l’observer et d’entrer dans son univers. Merci, LOUP d’avoir partagé
avec moi ta grâce et ta sagesse, merci d’avoir posé ton regard sur moi, et
d’avoir confondu pour un court instant, ton monde avec le mien.
Pour un bref moment, le temps s’est arrêté et ce
moment sera gravé dans mon cœur à tout jamais.
Que la nature te protège
et te permette de vivre jusqu’à la fin des temps.
Crocblanc21,
Lac
St-Jeanhttp://crocblanc21.spaces.live.com/default.aspx
http://crocblanc21.spaces.live.com/default.aspx
Article ajouté le 2008-02-22 , consulté 103 foisCommentaires
Liens
Voir les articles de la catégorie " citations et textes à méditer "Afficher une version imprimable de cet articleRetour aux articles