Le Monde 2 : "Mort aux vaches"
[vg] Le Monde 2 : "Mort aux vaches"
De :
vegetarien_fr@yahoogroupes.fr au nom de Antoine Comiti (antoine.comiti@gmail.com)
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samedi 8 mars 2008 6:58:58
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Article qui évoque les "les opposants de longue date à la viande" qui
"guettent la prise de conscience générale qui vaudra aux ultimes
humains carnivores le sort que connaissent actuellement les derniers
fumeurs : opprobre et relégation."
Antoine
http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/03/06/mort-aux-vaches-par-jerome-fenoglio_1019271_1004868.html
Mort aux vaches, par Jérôme Fénoglio
LE MONDE 2 | 06.03.08 | 14h18
En Chine, en Inde, au Brésil, on consomme des quantités croissantes de
viande. En Occident, toujours autant. Comment convaincre ces
carnivores des dangers que cela implique?
La nouvelle frontière symbolique entre Nord et Sud passe par notre
réfrigérateur. La dernière des oppositions entre pays développés et
anciens membres du tiers-monde s'y tapit, rouge ou blanche. Pour notre
œil d'Occidental carnivore rassasié, la viande est de moins en moins
objet de désir, de plus en plus sujet de perplexité, d'interrogations
sur l'avenir de notre monde, voire de rejet. Mais ailleurs, au Sud,
pour les récentes bourgeoisies des pays émergents, elle n'a jamais été
autant consommée, comme la reconnaissance d'une réussite sociale,
comme le signe de la sortie de la survie et de l'accession au confort.
Si vous avez lu les journaux ces dernières semaines, si vous avez
écouté les commentaires suscités par le dernier Salon de l'agriculture
ou la hausse des prix de l'alimentation, vous connaissez
l'enchaînement des conséquences de chaque aile de poulet, chaque
morceau de bœuf, chaque tranche de porc ajoutés par un Chinois, un
Indien ou un Brésilien à leurs repas quotidiens. Vous savez que pour
satisfaire cette demande croissante de viande, il faudra élever
toujours plus de bétail qui mangera davantage de céréales. Alliés à
quelques autres facteurs, ces faits ont déjà provoqué l'augmentation
de certaines denrées et laissé entrevoir des menaces de crise
alimentaire. Vous savez aussi que l'élevage intensif nuit à l'eau,
qu'il consomme et pollue massivement; à l'air, dans lequel il relâche
de grandes quantités de gaz à effet de serre; à la terre, à cause
d'une occupation hégémonique des sols.
En Occident, les opposants de longue date à la viande espèrent que ces
faits leur apporteront de nouveaux renforts. Ils guettent la prise de
conscience générale qui vaudra aux ultimes humains carnivores le sort
que connaissent actuellement les derniers fumeurs : opprobre et
relégation. Mais leur combat les égare parfois dans des excès de
langage contre-productifs ou des pratiques intolérantes. Certains
végétaliens parmi les plus intégristes, qui ne refusent pas seulement
la nourriture mais aussi tous les produits d'origine animale, excluent
désormais les relations sexuelles avec des "mangeurs de cadavres".
D'autres font référence au génocide pour condamner les violences de
l'abattage industriel.
Le Nord devra se montrer plus subtil s'il veut expliquer aux nouvelles
populations aisées les dangers planétaires d'un goût trop prononcé
pour la viande. Il retrouvera là, déclinées sur un mode alimentaire,
les questions qui se posent dans tous les domaines liés à
l'environnement. Comment demander à des milliards d'êtres humains de
se montrer raisonnables avec un produit dont nous nous sommes tant
gavés et dont nous continuons à être les premiers consommateurs?
Faut-il leur expliquer que la hausse des prix, à laquelle ils
contribuent, pénalisera ceux, encore majoritaires sur leurs
continents, qui n'ont pas de quoi se nourrir? Depuis des décennies,
les famines du tiers-monde ne nous ont pourtant jamais coupé
l'appétit. Faut-il plaider la santé publique, parler des maladies
cardiaques et de l'obésité? Les corps de nombre d'Occidentaux
continuent de se déformer parce qu'ils mangent en trop grande
quantité. Comment donner des conseils que nous ne suivons pas? Faute
de réponse à ces questions, la querelle de la viande risque de diviser
encore longtemps nos deux hémisphères, entre nouvelles convoitises et
début d'écœurement.
Article ajouté le 2008-03-08 , consulté 36 foisCommentaires
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