
L'Amiral Josse, adjoint territorial du préfet maritime de l'Atlantique, avait expliqué : « Nous avons un paradoxe à traiter. Le nucléaire est un domaine parfaitement maîtrisé. Pourtant, cet exercice peut laisser penser que l'inacceptable peut se passer. »8 h 30. Simulation d'un accident sur un colis contenant des éléments d'armes nucléaires, à la base sous-marine de l'Île Longue. Déclenchement du plan d'urgence interne.
8 h 50. À Crozon, la sirène hulule, « mais il semblerait que bon nombre d'habitants situés dans le périmètre concerné ne l'aient pas entendue », remarque Daniel Moysan, maire de Crozon. La préfecture va déclencher le plan particulier d'intervention.
9 h 25. Un PC opérations est installé au centre de secours de Crozon, où se réunissent les pompiers et la cellule mobile d'intervention radiologique. Un dispositif de gendarmerie est mis en place.
À la mairie de Crozon, un commandement communal de six personnes est constitué, avec les services techniques pour « le bouclage éventuel des quartiers concernés ». Un autre PC est installé à la préfecture de Quimper, avec l'ensemble des services de l'État, services sanitaires et sociaux, services vétérinaires : « Le souci premier : que la population soit tenue informée régulièrement de la situation par radio », explique Marguerite Kervella, du service interministériel de défense et protection civile.
11 h 10. Le périmètre est bouclé. Deux binômes sont équipés, prêts à aller sur les points concernés pour analyse d'une éventuelle radioactivité. Le périmètre de danger considéré autour de l'Île longue a été validé par le délégué à la sûreté et à la radioprotection pour les installations nucléaires de la Défense. Il s'étend sur 2 875 m autour des installations de l'Île Longue. Le commandant Philippe Guéguan relativise : « Nous mettons en place des scénarios très improbables, autres gages de sécurité pour la population. »« Mascarade »
Pour l'organisation Sortir du nucléaire, cet exercice est « une mascarade » : « Des questions fondamentales restent sans réponse. Avec ces exercices ridicules, les autorités reconnaissent néanmoins que le pire est possible. Il peut s'agir d'un drame accidentel ou causé par un acte terroriste, les deux pouvant occasionner un drame équivalent à Tchernobyl. Le périmètre de quelques kilomètres est aberrant : un nuage radioactif peut traverser toute l'Europe. »
Le collectif d'associations antinucléaires pose les questions suivantes : « En cas d'accident nucléaire, que faire des milliers d'habitants de la région ? Comment et où les évacuer ? 21 ans après la catastrophe de Tchernobyl, des zones entières sont évacuées pour des siècles. Des millions de personnes vivent toujours dans des zones contaminées, où la situation continue de s'aggraver. Le nucléaire est un risque incomparable à tous les autres. »
