Mardi 13 mai sera examinée au
Sénat une proposition de loi déposée par Ladislas
Poniatowsky sénateur
de l'Eure. Dans ce texte
visant à "la simplification du droit de
chasse" figure, à l'article 11, la création d'un nouveau
délit "l'empêchement de l'action de chasse" qui devrait être,
selon lui, sanctionné par 1500 euros d'amende.
Ainsi, non contents de défendre des traditions et des
privilèges d'Ancien Régime (comme la chasse à courre ou le droit
de suite) et des corporations issues du gouvernement de Vichy (ordonnance de
Pétain créant les fédérations départementales des
chasseurs), les chasseurs, dans leur absolutisme, entendent
désormais sanctionner la liberté d'expression. Que la direction
des théâtres ne punit-elle pas de 1500 euros d'amende les
spectateurs qui s'aviseraient de siffler quand la pièce leur
déplaît. !
Le but des chasseurs est de criminaliser les opposants à la
chasse, de transformer toute critique de la mort-loisir en
délit. Ainsi, ils attaquent
en Justice un responsable
associatif qui ose
juger "pervers" le fait de tuer pour le
plaisir. Tout en exerçant à la première
occasion pressions et menaces à l'égard des élus et
politiques si ceux-ci n'accèdent pas à leurs exigences,
les chasseurs n'hésitent donc plus à poursuivre ceux qui ont
l'audace de penser différemment. Tentent-ils ainsi de faire
oublier qu'une large majorité de Français
sont des usagers pacifique de la nature , puisque 2%
de la population s'approprie la faune sauvage, que 73%
s'opposent à la chasse à courre, pratiquée par 0,01% de la
population, et que tout débat est bloqué par un Etat cynégécrate ?
Est-ce avec de semblables lois qu'ils espèrent régler le problème
? Mais qui sont les violents
? Qui sont les terroristes ? Les chasseurs montrent qu'ils ont
peur de l'avenir, peur de la jeunesse, peur de l'opinion publique.
Il leur faut un rempart de plus.